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« S’ils ne vous donnent pas de siège à la table, apportez une chaise pliante...»



Voix du Changement Positif: « Vous ne pouvez pas être ce que vous ne pouvez pas voir » - Marian Wright Edelman | Interview de Zahara's Dream avec Khadija Maiga


1. Quel a été votre premier rêve en tant que jeune fille ?

Mon premier rêve en tant que jeune fille était de construire une maison (couleur chocolat, je tiens à le préciser) pour les enfants qui vivent dans la rue. Quand j’avais 7/8 ans, mon école a organisé une collecte de dons pour les enfants démunis. C’était la première fois que j’étais face à l’inégalité des chances. Je me souviens avoir pleuré et posé des questions à mes parents qui m’ont expliqué que c’était comme ça et que si je voulais que ça s’arrête, il fallait que je donne ce qui me tient le plus à cœur.


Et sans vraiment savoir ce que c’était vraiment... Ce jour, j’avais décidé de consacrer toute ma vie à la redistribution sociale, à la réduction des inégalités et à l’engagement civique.

Après, j’ai voulu être écrivain, hôtesse de l’air et banquière. C’est marrant parce que chacun de ses choix sont manifestés dans ce que je fais aujourd’hui finalement.


2. Que signifie pour vous l'autonomisation ?

L’autonomisation, pour moi, est la capacité pour un individu, quel que soit son sexe, de faire des choix qui sont en symbiose avec ses convictions personnelles, ses valeurs, et ses principes. C’est avoir les moyens de sa politique, de ses rêves et de pouvoir quitter le joug d’une pression, quel que soit sa forme (familiale, sociale et/ou professionnelle).


3. Que signifie pour vous plus d’opportunités et l’égalité des chances ?

Avoir plus d’opportunités, c’est la possibilité d’ouvrir certaines portes au bon moment et avec les bonnes personnes. Ces portes permettent d’améliorer sa qualité de vie ou d’accomplir ses rêves. C’est la possibilité d’emprunter un chemin moins cabossé.

L’égalité des chances est, pour moi, le même droit pour chaque individu de faire les choses qui lui plaisent sans être entravé par son sexe, ses origines « raciales » ou pour nos sociétés africaines ethniques.


La stratification sociale dans laquelle nous vivons, particulièrement, au Mali est la plus grande entrave à cette égalité des chances et à l’accès aux opportunités pour tout un chacun. Et cela est bien dommage. La société nous cantonne à notre statut de « jeune », de femmes, puis selon notre statut matrimonial, notre compte en banque sans compter l’origine ethnique.

Notre combat, aujourd’hui, pour nous femmes, est de ne pas attendre que les choses nous soient données mais de nous imposer autour de la table. J’aime beaucoup cette citation de la femme politique américaine Shirley Chisholm : « S’ils ne vous donnent pas de siège à la table, apportez une chaise pliante ». Elle me suit depuis que j’ai entamé ma carrière professionnelle et je me la répète quand les temps sont sombres.


4. Comment organisez-vous pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés ?

Je suis une grande amatrice de « To-do » lists et de calendrier depuis toute petite. Je ne fonctionne pas sans mes carnets. J’en ai tout le temps, partout, plusieurs. Ou, quand je suis coincée, j’utilise l’application « Note » sur mon téléphone. Je note l’objectif à atteindre, et ensuite les étapes à suivre pour les atteindre. Cela me permet d’avoir une vision de mes objectifs, au-delà du classique vision board. J’en fais pour la journée, pour la semaine. Et je pense que je vais commencer à en faire mensuellement également. Et ça marche incroyablement bien. A force de le faire, j’ai aussi réussi à mieux me connaitre et à savoir ce qui m’est possible et impossible à faire selon un temps donné.

Aujourd’hui, je lis souvent mes carnets qui datent de plusieurs années déjà et ça me fait beaucoup rire et me permet de me remémorer le chemin parcouru, être plus tolérante et bienveillante envers moi-même.


5. Comment le mentorat peut-il profiter aux jeunes femmes et aux filles selon vous ?

Je pense que le mentorat est primordial et une nécessité pour les jeunes femmes. L’organisation de la société est faite de telle sorte qu’on ne tient pas compte de certaines particularités que peuvent vivre les femmes. Je pense notamment aux menstrues qui peuvent être très difficiles pour certaines et leur empêchent pendant quelques jours d’être efficace. Il peut aussi s’agir des commentaires désobligeants et sexistes que l’on reçoit souvent d’hommes ou même de femmes qui ne se rendent même pas compte qu’ils sont maladroits.


Le mentor peut t’aider à t’apercevoir que finalement, nous sommes nombreuses à rencontrer les mêmes défis et te permettre d’apprendre des mécanismes de défense et/ou partager des solutions qu’elles ont adoptées.


Je vois une grande différence me concernant. Pendant longtemps, je n’avais pas vraiment de mentor. A mes débuts professionnels et pendant mes études, j’étais dans mon coin, je « supportais » comme on dit, mais j’étais de plus en plus mal dans mon milieu professionnel très masculin. Puis, un beau matin, j’ai décidé de me prendre en main et j’ai payé les services d’un coach, qui est devenue avec le temps une grande sœur inestimable. Cette femme a un très fort impact dans ma vie. Elle m’a appris à être plus bienveillante envers moi-même, elle m’a fait comprendre que nous étions nombreuses finalement à rencontrer les mêmes défis et m’a appris à relâcher la pression.

Depuis, j’ai aussi appris à consolider mon « support system », composé de femmes et d’hommes qui sont dans le même milieu professionnel que moi ou non et qui partagent les mêmes convictions et rêves que moi. Et c’est très encourageant de savoir qu’on n’est pas seule ou de connaitre certaines opportunités ou méthodologies de travail. L’appui d’un mentor peut être assez multiforme.


6. Quel est votre conseil pour les jeunes femmes qui surmontent l'adversité sociale et économique ?

Le temps m’a appris qu’il est primordial de se connaître au mieux, connaître ses valeurs, ses principes et rester dans chacune de nos actions en cohérence avec nos valeurs et nos principes. C’est ce qui me permet de marcher la tête haute au quotidien.

Je leur conseillerais donc de NE JAMAIS BAISSER LA TÊTE et raser les murs, d’assumer leur féminité, leur intelligence, leurs actions et leurs choix. Assumer ces actes et ces convictions, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse se faire car cela augmente notre confiance en nous-mêmes.

Je sais que le chemin peut sembler sombre et bien trop cabossé. Il l’est pour moi très souvent. Mais il est important de ne jamais abandonner et de persévérer. Le pire risque qu’il soit est un échec. Et un échec est une leçon apprise pour l’avenir. N’ayez pas peur de faire vos échecs jeunes. C’est la meilleure chose qui puisse vous arriver.


Je lis beaucoup de biographies de femmes qui ont eu des chemins cabossés et difficiles. Si elles s’étaient tenues à toute cette adversité sociale, politique ou économique, elles ne seraient jamais entrées dans l’Histoire. Je pense notamment à Aoua KEITA, la première femme députée du Mali qui est l’initiatrice de la Journée panafricaine de la femme célébrée le 31 juillet. Au Mali, elle a été combattue par des hommes... aussi bien que des femmes car elle ne faisait rien comme les autres mais uniquement selon ses convictions. Aujourd’hui, elle est célébrée et connue pour ses convictions justement. Je pense également à Benazzir Bhutto, la première femme Premier ministre du Pakistan qui a été lâchement assassinée pour ses convictions. En France, il y a une femme que je ne connaissais pas forcément mais dont j’ai lu la biographie Anne Lauvergeon, La Femme qui résiste. Elle a été conseillère du Président Mitterand et directrice d’une multinationale dans le domaine de l’énergie. Elle a été décriée, honnie, humiliée. Dans mon pays natal, le Niger, on ne l’aime pas forcément, mais je suis inspirée par son parcours et sa combativité. Il est important d’identifier des rôles modèles pour garder le cap tout simplement.


7. Comment gérez-vous les éléments perturbateurs / la toxicité dans votre environnement professionnel ?

La toxicité dans mon environnement professionnel est à ce à quoi j’étais le moins préparé, je pense. On devrait vraiment enseigner cela à l’université (rires). Souvent, on se retrouve dans des situations où on doit juste faire avec. Il est important d’abord d’être sûre de ne pas créer soi-même cette toxicité ou, du moins de ne pas l’alimenter.

J’ai appris à créer des limites et à être inaccessible à toute personne qui nuit à mon bien-être mental. C’est la seule solution que j’adopte pour le moment. Je marche la tête haute et j’essaie de ne jamais oublier mes objectifs. Avec le temps, avec la COVID-19, j’ai compris que beaucoup de choses étaient finalement que des détails.


J’essaie, difficilement encore certes, à ne pas laisser les autres me définir et de faire fi de leurs suppositions et leurs mots.


8. Comment abordez-vous le patriarcat dans votre société ?


J’ai souvenir qu’à mes 13/14 ans, un frère de mon père lui a dit que je n’avais plus le droit de porter des pantalons. Je n’avais pas bien compris pourquoi. C’était la première fois qu’on me mettait dans une case, celle de jeune fille pubère et je m’étais sentie juste nue car je n’avais pas encore pris connaissance des métamorphoses de mon corps. J’étais révoltée et j’ai juste pleuré et n’en portait pas quand il était là ou je me cachais. Pourtant, je pesais 45kg à tout casser.

Mon premier rapport avec le patriarcat ou en tous les cas, le jour où j’ai su que certaines choses n’étaient pas « normales », c’était au lycée. Un enseignant avait abordé le sujet du sexisme. Je suis rentrée ce jour-là et j’ai fouillé sur internet et ait compris que j’avais raison de souvent être révoltée. IT WAS OKAY et c’était déjà le premier pas. Identifier le patriarcat et comprendre que je n’étais pas forcément « mauvaise ».


Puis, à la maison, j’ai commencé à dénoncer. Il y avait des tâches spécifiques que je devais faire et que mon petit-frère ne devait pas faire. Cela m’horripilait de voir mes parents changer autant et donc je dénonçais et j’ai crié au sexisme dès cet âge. J’ai eu des rapports conflictuels avec ma mère et j’ai commencé à me révolter. Mon père a finalement compris et a commencé à me donner raison sur certains points. Le travail est encore en cours avec ma mère(rires).

Le Mali contemporain a déformé notre système sociétal et a une conception de la femme qui ne correspond pas à ce qu’était la femme dans le système précolonial. En réalité, plusieurs de nos us et coutumes, donnent une place prépondérante à la femme. Ce sont les interprétations et les pratiques qui ont déformé énormément de choses. A titre d’exemple, une femme garde le nom de son père et ne prend pas le nom de son mari dans notre système originel. C’est une pratique importée.


Ou souvent, cela ne correspond simplement plus aux réalités d’aujourd’hui.

Je pense qu’il est important pour les jeunes femmes qui, du moins, vivent en Afrique ou dans les sociétés francophones de connaître les us et coutumes de la société et de comprendre d’où elles viennent. Cela nous permet de ne pas nous mettre une certaine pression.

Les hommes qui te coupent la parole, certaines tâches importantes confiées à tes collègues de sexe masculin ou le fait d’être secondé à faire du café lorsque tu es cadre sont des choses que j’ai appris à ne plus tolérer, une fois que j’ai appris à mieux me connaître et à me rappeler qui j’étais. J’ai compris que finalement, c’était MOI qui tolérait certaines pratiques et j’ai décidé de ne plus les TOLERER. Je me souviens qu’une fois, on m’a dit que j’étais la seule femme du bureau, par conséquent, c’était à moi de m’occuper des autres. J’y ai cru pendant quelques mois, avant de me rappeler qui j’étais et où je devais être. Mes mentors m’ont beaucoup aidée dans ce cheminement.

J’ai décidé de ne plus être victime du patriarcat et de rester la tête haute en assumant ce que je suis et mon mode de vie. Que ça plaise ou non. Pendant longtemps, j’étais victime et je me cachais pour ne pas offenser, pour ne pas déplaire. Aujourd’hui, je sais que je dois rester moi-même, fidèle à mes valeurs et principes, droite dans mes bottes.


Il est important de dialoguer avec nos collègues de sexe masculin, voire féminin pour qu’ils prennent connaissance également de leurs postures. Je pense que souvent, ils ne se rendent pas forcément compte. Ne pas hésiter pas à s’exprimer et communiquer quand la méthodologie ne nous convient pas est un pas en avant vers une prise de conscience.


9. Comment avez-vous survécu à votre plus grande peur ?


En l’affrontant. Existe-t-il vraiment une autre méthode ? (Rires).

Très timide, petite fille et jeune adulte, je n’osais jamais m’exprimer en public, même en classe. J’étais terrorisée à l’idée de ne pas plaire. Je me cachais.

Créer mon blog « Les carnets d’une Sahélienne » a été le premier pas vers ma « décomplexion » car c’est grâce à ce blog que j’ai entamé ma carrière professionnelle comme journaliste/analyste. J’ai compris alors que j’avais une voix, qu’elle avait de la valeur et qu’elle pouvait être entendue et surtout qu’elle DEVAIT être entendue.


Je me souviens qu’il y a à peine 3 ans, je tremblais lorsqu’il fallait que je m’exprime publiquement, même dans une petite salle de 20 personnes. Aujourd’hui, des milliers de personnes entendent ma voix. Aujourd’hui, j’arrive à m’exprimer publiquement et à même faire des interventions médiatiques. En restant moi-même. C’est assez incroyable et limite inespéré en réalité.

C’est définitivement la pratique et le fait de juste foncer qui me permettent de m’améliorer. J’ai encore un grand travail à faire pour combler comme je le pense souvent « mon retard », mais je n’ai plus peur car je n’ai plus peur de ne pas être « good enough ».


10. Comment transformez-vous la peur et l'échec en force et en opportunité ?

Ma plus grande peur « m’exprimer » est finalement ma plus grande force aujourd’hui. C’est assez marrant. J’ai encore beaucoup de travail, mais quand je regarde en arrière, j’ai parcouru un long chemin déjà et cela me conforte en ce que la bienveillance envers soi-même est la meilleure des choses que nous pouvons faire.

Chaque échec est une leçon apprise. Et je trouve ça assez bien d’essayer et d’échouer jeune. Ça nous fait gagner du temps finalement. Evidemment, il faut pour cela apprendre de ses échecs et erreurs, les identifier et les noter.

Mes échecs sont ce que je suis aujourd’hui, je le sais et je le vois. J’essaie de relativiser en me disant que ça aurait pu être pire. (Bon, je dois l’avouer : ce sont mes amis et mentors qui relativisent pour moi et arrivent peu à peu à me le faire comprendre). Un échec est une leçon apprise.


11. Quel est le meilleur conseil de carrière que vous avez reçu ?


J’en ai eu tellement qu’il m’est difficile d’en choisir. J’ai eu beaucoup de chances de rencontrer des hommes et des femmes qui croient plus en moi que je ne crois en moi. J’en suis très reconnaissante.

Je pense que le conseil qui m’aide le plus en ce moment est celui d’un proche : « Je sais que tu ne le vois pas aujourd’hui et que tout est obscur pour toi mais restes toi-même, crois en toi, n’aies pas peur, ne sois pas « intéressée » et tu verras la lumière au bout du tunnel ». Cette phrase m’a décomplexée de toutes mes craintes et m’a permis de rester positive.

Je pense aussi au conseil d’un diplomate malien lorsque j’ai commencé à travailler au sein de l’administration publique qui m’a le plus aidé et permis de continuer quand j’étais face à certaines incompréhensions « Tout est difficile au sein de l’administration, mais rien est insurmontable ». Ca m’a armée de persévérance mais m’a aussi créée quelques ennemis (rires), mais c’est la vie.


12. Quelle est votre devise ?


« Si vous croyez dans votre cœur que vous pouvez faire quelque chose, ne laissez personne vous faire croire le contraire ».


13. Que diriez-vous à votre version plus jeune si vous la rencontriez maintenant ?

Petite, chill. Sois focus sur tes objectifs, travaille, fais ce que tu aimes. Tout le reste n’est que détail.

Ton bagage familial, tes insécurités, les suppositions des autres ne sont que des détails face à la mission qui est la tienne.


14. Que conseillez-vous aux jeunes femmes du monde entier ?


Soyez passionnées, ne vous cachez pas, brillez de mille feux, vivez vos rêves et vos envies et travaillez BIEN pour votre indépendance et liberté tant morale que financière.

Croyez en votre intuition qui peut sembler fausse ou irréelle pour certaines personnes, mais l’essentiel est qu’elle soit normale pour vous. Faites-vous confiance.

Soyez positives, bienveillantes et tolérantes envers les autres jeunes femmes que vous rencontrez car vous ne savez pas ce à quoi elles font face derrière leurs portes fermées.

ET SURTOUT, INSTRUISEZ-VOUS. Lisez des biographies de femmes partout dans le monde. Comprenez leurs histoires et inspirez-vous d’elles. Soyez compétentes dans ce que vous faites, faites-le bien. Et si quelque chose ne semble pas correct ou en adéquation avec vos valeurs, faites-vous confiance et fuyez, partez.


15. Quelle vision de l'avenir voyez-vous / avez-vous pour les jeunes femmes ?

Je suis très optimiste.

Je pense que chaque siècle, chaque époque à son combat à mener. Nous sommes là aujourd’hui sur ce site à nous exprimer en toute sincérité : c’est le résultat positif de combats qu’ont mené avant nous, nos mères, nos grand-mères et nos ancêtres. Nos enfants, mes futures filles et nièces auront d’autres combats, moindre que les nôtres sûrement, et C’EST POSITIF. Chaque temps, chaque période a ses combats, et il faut les mener sans relâche et avec abnégation.

Aussi, quand je vois des initiatives comme le Rêve de Zahara ou plein d’autres, je suis enjouée. D’une part, parce que c’est une initiative de femmes courageuses qui sont là où on ne les attend pas forcément et qui n’hésitent pas à s’exprimer et à faire entendre leurs voix. Et d’autre part, je pense sincèrement que ce dont nous avons besoin, nous femmes aujourd’hui, c’est de nous unir, nous entraider et non de nous traiter comme des ennemis ou des adversaires potentielles. C’est déjà assez dur de vivre dans ce système patriarcal. Nous n’avons pas besoin d’être aussi des adversaires les unes contre les autres et de nous marcher sur les pieds. C’est en s’unissant qu’on pourra avoir un impact positif sur nos vies et celle des générations futures.

Je remercie l’équipe du Rêve de Zahara de m’avoir donné la parole et d’avoir permis à la petite timide que j’étais, de voir qu’elle a une voix qui compte et qui mérite d’être entendue. J’aimerai que toutes les jeunes filles et femmes dans le monde, sachent qu’elles ont une voix et qu’elles méritent d’être entendues. C’est un grand honneur pour moi et j’espère que j’aurais au moins inspiré une seule d’entre vous.


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